Article · 02 juin 2026 · 8 min de lecture

Avant de publier : la checklist pour être
comprise et citée par les IA.

Avant de mettre une page en ligne, je passe toujours par les mêmes vérifications. Pas pour Google : pour qu'une IA comprenne qui vous êtes et puisse vous citer quand une patiente lui demande conseil. Vingt-deux points, regroupés par thème. Cochable, réutilisable, sans jargon en façade.

Par Souade, sexologue clinicienne (UCL) et fondatrice de Voix Présente.

Une patiente n'ouvre plus seulement un moteur de recherche. De plus en plus, elle ouvre ChatGPT ou Perplexity et demande conseil : « quelle thérapeute consulter pour ce que je traverse ? ». Pour que votre nom apparaisse dans cette réponse, il ne suffit pas d'écrire. Il faut qu'une IA comprenne ce qu'elle lit, et qu'elle ait une raison de vous citer plutôt qu'un annuaire.

Cet article ne raconte pas, il liste. Avant de publier une page ou un article, je passe par les vérifications ci-dessous. Ce ne sont pas des réglages techniques obscurs : ce sont des questions simples que vous pouvez vous poser vous-même, en lisant votre propre page comme le ferait une machine qui ne vous connaît pas. Cochez ce qui est déjà vrai. Ce qui ne l'est pas vous indique où porter l'effort.

Les points sont regroupés en six thèmes : la clarté de votre identité, les vraies questions, les sources nommées, une structure lisible par une IA, la cohérence de votre présence, et la déontologie. Vingt-deux points en tout — pas un chiffre rond pour faire joli, le nombre réel. Aucun n'exige une compétence rare ; certains relèvent de notre métier plutôt que du vôtre, et je le signale quand c'est le cas.

1 — La clarté de votre identité

L'IA comprend-elle, sans deviner, qui vous êtes, votre spécialité, et pour qui vous travaillez ? C'est la vérification la plus déterminante : une IA ne recommande pas « un bon site », elle recommande une personne.

☐ 1. Votre nom complet apparaît clairement, à un endroit stable du site. Pas seulement « le cabinet » : la personne.

☐ 2. Votre spécialité précise est nommée en une phrase nette, pas noyée dans « écoute » et « bienveillance ». À qui vous adressez-vous, pour quelles difficultés ?

☐ 3. Votre formation et vos titres sont indiqués (diplôme, université, années de pratique). C'est ce qui distingue une personne d'une opinion anonyme.

☐ 4. Le public que vous accompagnez est explicite (par exemple : couples, femmes, telle problématique, en visio ou en cabinet). L'IA associe une personne à une difficulté donnée — encore faut-il que le lien soit écrit.

☐ 5. En relisant votre page « Qui je suis » comme une inconnue, vous pouvez répondre en une phrase : qui consulte, pour qui, sur quelles bases ? Si la réponse reste floue pour vous, elle l'est aussi pour la machine.

2 — Les vraies questions

Votre page répond-elle à une question réelle qu'une patiente se poserait avant même de penser à consulter ? Une IA puise dans les contenus qui traitent vraiment une difficulté — pas dans les plaquettes de présentation.

☐ 6. La page traite une question concrète, formulée comme une patiente la poserait — pas un thème vague (« la thérapie de couple ») mais une vraie interrogation vécue.

☐ 7. Vous répondez avec les mots de vos patientes : leurs objections, leurs cas particuliers, leur manière de dire les choses — pas le vocabulaire d'une brochure.

☐ 8. Le sujet est spécifique, pas générique. Sur « qu'est-ce que la thérapie », vous êtes invisible face aux gros sites santé. Là où vous êtes la plus précise, vous êtes parfois la seule à parler.

☐ 9. La page apporte une vraie réponse, utile même à qui ne vous contactera jamais. Une IA reprend ce qui répond — pas ce qui empile des mots-clés autour d'un appel à réserver.

3 — Les sources nommées

Citez-vous des références identifiables ? Pour qu'une IA prenne au sérieux ce que vous affirmez, il lui faut un appui solide. Sans source nommée, votre page reste, à ses yeux, une opinion parmi mille.

☐ 10. Vous citez au moins une référence nommée quand vous avancez quelque chose d'important : un auteur, une approche, un cadre clinique identifiable.

☐ 11. Ces références sont réelles et vérifiables — jamais inventées ni approximatives. Une source fausse vaut moins que pas de source du tout.

☐ 12. Vos affirmations sont attribuées plutôt que lancées en l'air : « selon les travaux de… » plutôt que « il est prouvé que… » sans dire par qui.

☐ 13. La référence sert le propos, elle n'est pas du décor. C'est ce qui distingue, pour une IA, une page crédible d'une page qui survole.

4 — Une structure lisible par une IA

Vos titres sont-ils clairs, vos réponses nettes, sans bavardage ? Un contenu peut être excellent et rester mal lu par une machine si rien n'aide la machine à savoir ce qu'elle regarde.

☐ 14. Vos titres disent ce que dit la section. Un titre clair (« combien de temps dure un accompagnement ? ») guide la machine ; un titre poétique la perd.

☐ 15. La réponse arrive vite, dès les premières lignes sous le titre, avant les nuances. Une IA extrait des réponses nettes, pas des préambules.

☐ 16. Le texte est aéré et hiérarchisé : des paragraphes courts, des intertitres, pas un bloc compact où la réponse se cache.

☐ 17. Derrière la page, une couche discrète indique à l'IA l'essentiel : qui est l'auteure, sa formation, le sujet, la date de publication et de mise à jour. C'est invisible pour vos visiteurs — et c'est notre métier, pas le vôtre.

5 — La cohérence de votre présence

Retrouve-t-on la même identité partout où une IA vérifie ? Avant de citer quelqu'un, une IA croise les informations. Si vous n'existez qu'à un seul endroit, elle ne peut rien recouper.

☐ 18. Votre nom et votre spécialité sont identiques partout : site, fiche professionnelle, annuaires, profils. Une identité qui varie d'un endroit à l'autre brouille la lecture.

☐ 19. On vous trouve à plus d'un endroit cohérent, pas seulement sur votre propre site. Une source isolée ne se recoupe pas.

☐ 20. Vous tenez compte du fait que chaque IA a sa logique : certaines s'appuient surtout sur les grands annuaires, d'autres sur un site clair et cohérent. On ne pousse pas partout de la même façon — et c'est un travail à part entière.

6 — La déontologie

La page est-elle utile sans trahir le cadre clinique ni la confidentialité ? Être citable ne justifie jamais de dire ce qu'on ne dirait pas en consultation.

☐ 21. Le contenu respecte le secret et la confidentialité : aucun cas patient reconnaissable, aucune confidence reprise pour « faire vrai ».

☐ 22. La page reste fidèle à votre posture clinique : utile et honnête, sans promesse de résultat, sans diagnostic à distance, sans vendre du rêve. Ce que vous publiez doit pouvoir être assumé en consultation.

Si tout est coché.

Si vous arrivez à cocher ces vingt-deux points sur une page, vous avez une page qu'une IA peut comprendre — et donc reprendre. Comprenez bien : ce n'est pas la fin du travail, c'est la condition pour qu'il commence. Une page que la machine ne comprend pas reste invisible quelle que soit sa qualité. Une page qu'elle comprend a, elle, une chance d'être citée.

L'erreur classique, c'est de vouloir « produire du contenu » avant d'avoir posé l'identité claire et la structure lisible. On publie dix articles, et six mois plus tard on s'aperçoit qu'aucun n'est repris, parce que la base n'avait jamais été posée. La clarté d'abord, le volume ensuite. C'est la séquence qui évite de tout refaire en arrière.

La preuve par mon propre cabinet.

Je n'écris pas cette checklist en théorie. Je l'ai d'abord appliquée à mon propre cabinet, Azwaj, où j'accompagne en visio les couples musulmans francophones. Au départ, quand on demandait à une IA « quelle sexologue musulmane consulter en ligne ? », mon nom n'apparaissait nulle part : identité floue, pages génériques, aucune source nommée. Exactement les points que je viens de lister, tous manquants.

J'ai repris chaque thème dans l'ordre : poser une identité claire, répondre aux vraies questions dans ma voix clinique, m'appuyer sur des sources nommées, rendre tout cela lisible par les machines, puis mesurer honnêtement — en session neutre, navigateur déconnecté, parce que c'est la seule mesure qui compte. Je raconte ce parcours en détail, y compris ce qui ne marche pas encore, dans le récit complet du cas Azwaj. Ce n'est pas une promesse de résultat : c'est la condition pour qu'un résultat soit seulement possible.

Pour aller plus loin

On regarde ce que les IA répondent sur votre cabinet ?

Un échange de 30 minutes : ce que les IA répondent aujourd'hui quand on cherche une thérapeute comme vous, lesquels de ces points vous manquent, et ce qu'on peut y changer. En visio, sans engagement.

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Souade Taje

Sexologue clinicienne (UCL), fondatrice d'Azwaj et de Voix Présente. Bruxelles.

Devenez la thérapeute que les IA reconnaissent, comprennent et citent.

La même méthode appliquée à votre cabinet, dans votre voix. Trois formules selon votre rythme — ou le Cercle Fondateur, à tarif fondateur, pour les premières.